Homélie du 20 octobre 2024

oct. 27, 2025 0 comments
homelies, paroisse Saint ennemond en Gier

Homélie du 20 octobre 2024

Par le P. Gilbert THOLLET

Clôture de la semaine missionnaire mondiale 

1ere lecture 

Ce dimanche, nous clôturons la semaine missionnaire mondiale. Nous n’oublions pas que la mission de l’Église c’est d’annoncer la bonne nouvelle jusqu’aux extrémités de la terre. Cette réponse à l’appel de Dieu n’a jamais été facile. C’est ce que nous comprenons en écoutant la 1ère lecture. Le prophète s’adresse à un peuple qui souffre de la persécution. Il fait comprendre à tous ces gens que leur souffrance n’est pas inutile ; Dieu ne les abandonne pas ; il se penche sur eux avec amour et compassion. C’est en lui que chacun trouvera la force pour tenir le coup. L’important c’est de chercher cette force là où elle se trouve. 

2ème lecture

Cette lettre aux Hébreux nous renvoie à Celui qui est vraiment au cœur de tout engagement missionnaire. Nous, chrétiens baptisés et confirmés, nous sommes tous appelés à participer à ce sacerdoce du Christ. Comme lui, nous sommes envoyés vers nos frères et sœurs, en particulier ceux et celles qui sont éprouvés par la maladie, la souffrance et les épreuves de toutes sortes. La bonne nouvelle doit être annoncée à tous, y compris à ceux et celles qui sont loin de Dieu. Cette mission n’est pas d’abord notre affaire mais celle du Christ qui nous a appelés et envoyés. 

Evangile

En préparant cette homélie je me disais que nous aurions pu nous organiser de telle sorte que l’un de nos amis prêtres venant d’un autre pays puisse témoigner en ce dimanche qui clôt la semaine missionnaire mondiale qui je le reconnais passe un peu inaperçue. 

 Ils auraient pu témoigner de leur mission ici chez nous en France, de leurs joies, de leurs peines, de leurs découvertes, de leurs questions concernant la vie en France mais surtout la vie de notre Eglise. J’ai la chance de les côtoyer et je suis témoin de leurs étonnements, de leurs questionnements qui parfois me dérangent, nous dérangent et qui pointent nos faiblesses et touchent notre orgueil nous qui avons pensé longtemps être le centre du monde et qui sommes allés évangéliser ces pays. 

 Ce n’est pas banal d’avoir vécu quelques mois avec notre séminariste Vincent qui venait du diocèse du Vietnam où St Jean Louis Bonnard de St Christo, mon village natal avait été décapité dans ce même diocèse pour avoir voulu annoncer la Bonne Nouvelle du Christ il y a maintenant près de 180 ans : (en plaisantant avec Vincent je lui disais t’a pas intérêt à broncher sinon…). Jean Louis Bonnard part au Vietnam et 180 ans après Vincent est chez nous !.

 C’est vrai que la présence de nos amis prêtres venant d’autres, leur venue nous interpelle, nous questionne, nous dérange et à ce propos j’ai quelques souvenirs. Lorsque j’étais au conseil avec le père Dominique Lebrun nous avions demandé au père Roger Kumbu Situ du Congo, qui était curé de Boën de nous faire une relecture de son passage parmi nous et il avait entre autres écrit ceci « Ce qui me restera entre autres comme souvenirs c’est lorsque je recevais le déroulement de la liturgie du dimanche il était écrit en haut de la première page et souligné « Homélie courte ». Mais à ce moment j’avais dit que je regrettais que l’on ne demande pas aussi aux communautés ce que produisait le passage d’un prêtre venu d’un autre pays. Entre parenthèses on dit désormais venant d’autres pays et non pas prêtres venus d’ailleurs comme s’ils venaient d’une autre planète !!! »

 J’ai un autre souvenir. Lorsque Luis est repart de Colombie je lui avais demandé de nous laisser quelques traces de son passage parmi nous et il avait écrit entre autres. « Pour les Français une messe d’une heure c’est trop long et à 5h du soir ils sont toujours à table !! »

Pour finir j’ai été marqué par Grégoire à qui je demandais comment il allait faire pour aller à Izieux pour aller dire la messe et il m’a répondu « Lorsque j’étais curé en brousse à Madagascar j’avais 6h de marche à pied aller-retour pour aller dire la messe alors aller à Izieux ». Dimanche dernier il est allé à pied à l’Hermitage. Il faut que nous organisions pour prévoir leur transport. Il y aurait bien d’autres choses à dire sur ce que la présence de copains prêtres venant d’autres pays nous fait vivre. 

En ce dimanche de la mission universelle portons dans notre prière nos frères prêtres religieux et religieuses venant d’autres pays pour nous servir à la manière du Christ à notre tour acceptons d’être aussi serviteurs et missionnaires.  

Amen.


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